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Le canton de Vaud a décidé jeudi d'allouer 55 millions de francs

Le canton de Vaud a décidé jeudi d'allouer 55 millions de francs au Programme Bâtiment 2020 pour encourager les propriétaires.

Le canton de Vaud poursuit sa politique d'appui à l'assainissement énergétique des bâtiments. Il a décidé jeudi d'allouer une enveloppe de 55 millions de francs au Programme Bâtiment 2020 afin d'encourager les propriétaires immobiliers à engager des travaux visant à augmenter l'efficacité énergétique de leurs biens immobiliers.

Ce montant est assuré en partie par la Confédération - 40 millions de francs - via le fonds alimenté par la taxe sur le CO2 et mis à disposition dans le cadre du Programme Bâtiments. L'Etat de Vaud participe à hauteur de 15 millions de francs, précise le Département du territoire et de l'environnement (DTE) dans un communiqué.

Le domaine du bâtiment représente à lui seul près de la moitié de l'énergie consommée annuellement en Suisse. Il est également responsable d'un cinquième des émissions de CO2 du pays. L'assainissement énergétique du parc immobilier constitue dès lors un important levier d'action que le Conseil d'Etat active depuis plusieurs années déjà, soulignent les autorités vaudoises.

Deux nouvelles subventions

Deux nouvelles mesures font l'objet d'un subventionnement en 2020: le raccordement d'un bâtiment existant à un réseau de chauffage à distance et l'installation, dans les habitations, de ventilation avec récupération de chaleur. Les montants accordés aux diverses mesures sont presque identiques à ceux octroyés en 2019 (52 millions), voire légèrement augmentés pour les pompes à chaleur géothermiques et les chaudières à bois d'une puissance supérieure à 20 kW.

Le canton entend ainsi dynamiser la transition vers des chauffages alimentés par des ressources renouvelables, y compris dans les grands bâtiments, affirme-t-il. Le soutien à la rénovation énergétique des bâtiments traduit à la fois la volonté du Conseil d'Etat de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de soutenir l'environnement économique vaudois, rappelle-t-il.

Pour chaque franc de subvention versé pour les rénovations des bâtiments, il est en effet estimé que cinq à six autres francs sont investis par les propriétaires. Les 55 millions engagés en 2020 vont ainsi générer des retombées économiques de quelque 300 millions de francs dans les secteurs de la construction, des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, selon les calculs du DTE.
L'enveloppe globale au Programme Bâtiment s'était monté à 37 millions de francs pour 2018 et 32 millions pour 2017.

Dès le début 2020, il ne sera plus possible d'installer un chauffage à mazout ou à gaz

Dès le début 2020, il ne sera plus possible d'installer un chauffage à mazout ou à gaz dans le canton de Fribourg sans le compléter avec une part d'énergie renouvelable. Le remplacement des chauffages électriques sera soutenu.

Ces dispositions figurent dans la nouvelle loi cantonale sur l'énergie. Les deux mesures-phare sont "l'obligation d'avoir 30% d'énergie renouvelable lors d'une nouvelle construction et 20% d'énergie renouvelable lors du remplacement du système de chauffage", souligne le chef du service cantonal de l'Energie Serge Boschung mardi dans La Matinale.

Une loi qui se veut incitative

Pour déployer sa politique énergétique, Fribourg a appris de ses erreurs et notamment il y a sept ans quand le peuple avait rejeté une loi sur l'interdiction des chauffages électriques. Désormais, le canton proposera des soutiens financiers et des abattements fiscaux pour encourager le remplacement de ce type de chauffage, avec une enveloppe de 24 millions de francs à distribuer jusqu'en 2025.

"C'est une loi qui va vraiment très, très, loin mais qui mise beaucoup sur l'incitation", relève le conseiller d'Etat en charge de l'Economie Olivier Curty. "Je pense que les personnes auront intérêt à un moment donné à remplacer les chauffages électriques. Cela fait sens écologiquement mais aussi économiquement, parce que l'on subventionne pas mal ce remplacement et le bâtiment va aussi gagner en valeur avec ces modifications."

Fribourg à la pointe au niveau suisse

Ces mesures propulsent le canton de Fribourg à l'avant-garde des cantons suisses. "On fait partie des cantons à la pointe. Seul le canton de Bâle-Ville, aujourd'hui, a des exigences qui vont aussi loin", note Serge Boschung. "Le canton de Fribourg met en place une politique ambitieuse et répond déjà à la politique climatique discutée actuellement aux Chambres fédérales."

Avec sa stratégie énergétique, Fribourg espère débrancher petit à petit toutes les énergies fossiles dans les habitations du canton.

Fabrice Gaudiano/oang

Publié le 24 décembre 2019 à 07:07 - Modifié le 24 décembre 2019 à 09:27

Le Canton de Genève et SIG poursuivent leurs efforts pour accélérer la transition énergétique

Le Canton de Genève et SIG poursuivent leurs efforts pour accélérer la transition énergétique du canton. En 2020, Genève disposera de 35 millions de francs pour favoriser les économies d'énergie et les énergies renouvelables au sein du parc immobilier genevois. Ce programme de subventions s'inscrit pleinement dans le cadre des objectifs cantonaux ambitieux visant à atteindre la société à 2000 Watts neutre en carbone d'ici 2050.

Depuis plusieurs années, le Canton de Genève se donne les moyens de mettre en œuvre une politique énergétique, en adéquation avec la stratégie énergétique 2050 de la Confédération, pour faciliter la sortie progressive du canton de sa dépendance aux énergies fossiles.

Dans un contexte de transition écologique et d'urgence climatique déclarée en 2019, le Conseil d'Etat a décidé de renforcer les objectifs cantonaux. Concrètement, il a pour ambition de réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et réduire de 39 % la consommation thermique fossile par habitant-e (par rapport à 2000) d'ici 2023.

Un montant conséquent pour des bâtiments durables
En 2020, 35 millions de francs seront débloqués sur des fonds de la Confédération, du Canton et de SIG-éco21 pour favoriser les rénovations et optimisations énergétiques des bâtiments. Ce montant provient majoritairement des recettes de la taxe fédérale sur le CO2.

La provenance de ces fonds se répartit de la manière suivante :

 

Une opération qui porte ses fruits
Le programme Bâtiments de la Confédération et des cantons a connu un grand succès en 2019 : l’enveloppe annuelle de 35 millions de francs mis à disposition par les mêmes partenaires a été totalement engagée avant la fin de l’année (détails ci-dessous). Pas moins de 546 projets ont été subventionnés. Parmi eux, les rénovations Minergie ont représenté 31 % de la somme totale.

A titre d'exemple, des rénovations réalisées en 2019 pour de grandes institutions prouvent l'attrait et l'opportunité concrète pour les propriétaires de bénéficier de ces subventions : les Rentes Genevoises ainsi que la Zurich Assurance ont rénové plus de 6'000 mètres carrés de leur patrimoine bâti. L'assainissement de leur bâtiment leur a permis de réduire leur consommation énergétique, d'améliorer le confort des utilisateurs-trices grâce à une meilleure isolation et d'augmenter la valeur de leur bien immobilier. Les propriétaires de maisons individuelles ont également répondu présents avec plus de 129 pompes à chaleur installées.

GEnergie : une étroite collaboration Etat de Genève et SIG
Pour atteindre les objectifs de rénovation du parc bâti, le Canton collabore depuis 2017 de façon fructueuse avec SIG - partenaire clé et incontournable de la transition énergétique - sous la bannière GEnergie. L'objectif est de mobiliser tous les acteurs-trices pour faciliter la réalisation des projets de transition énergétique et simplifier les démarches via une porte d'entrée commune.

Nous invitons les personnes intéressées à déposer leurs dossiers dès maintenant sur la plateforme www.ge-energie.ch

Le Valais veut tirer un trait sur les énergies issues du charbon, du pétrole ou du gaz naturel

Le Valais veut tirer un trait sur les énergies issues du charbon, du pétrole ou du gaz naturel. Il veut se passer de ces énergies fossiles d’ici à 2060 afin de garantir, à cet horizon, un approvisionnement entièrement renouvelable et indigène, pour l’ensemble de la demande d’énergie du canton, de l’électricité à la mobilité en passant par la production de chaleur.

La vision présentée lundi à la presse par Roberto Schmidt, le conseiller d’Etat chargé de l’Energie, est ambitieuse. Et le ministre en est conscient. «Le principal défi ne sera pas d’ordre technique ou économique, il consistera à changer les mentalités», a-t-il souligné. Mais il est convaincu que cette vision d’une énergie verte et locale sera plus simple à faire comprendre aux citoyens que celle d’une société à 2000 watts.

Citant à de nombreuses reprises les grèves pour le climat qui se sont multipliées en Suisse et à travers le monde ces derniers mois, le ministre est conscient que le thème est plus que jamais d’actualité. Mais il n’a pas attendu cela pour y prêter attention. En 2011, après l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, c’est lui qui avait déposé la motion, acceptée par le parlement, qui demandait la sortie progressive du nucléaire.

Siégeant désormais au gouvernement cantonal, le démocrate-chrétien a décidé de continuer son combat, à une échelle plus locale. Le chemin pour passer de la théorie à la pratique ne sera pas pour autant plus simple. En 2015, le Valais avait un taux d’auto-approvisionnement de 24% et sa consommation d’énergie renouvelable était de 28%. Dans les deux cas, bien loin des 100% visés.

Réduction drastique de la consommation

Afin que ses ambitions deviennent réalité et pour ne pas se perdre en chemin, l’Etat du Valais a défini des objectifs intermédiaires, en phase avec la législation fédérale. Il vise une réduction de moitié des énergies fossiles d’ici à 2035. «Si une partie des technologies nécessaires pour atteindre nos objectifs à l’horizon 2060 ne sont pas encore prêtes, pour ce qui est de ceux imaginés pour 2035, tout existe déjà», assure Joël Fournier, le chef du Service cantonal de l’énergie.

Pour atteindre ce premier but fixé, les Valaisans devront réduire drastiquement leur consommation d’énergie. Le canton table sur une baisse d’un tiers durant les quinze prochaines années. Pour y arriver, la rénovation du parc immobilier, avec par exemple le remplacement des chaudières et des chauffages électriques par des pompes à chaleur ou encore l’amélioration thermique des bâtiments, est nécessaire. La mobilité sera également concernée. Elle devra être plus électrique, mais aussi plus rationnelle.

Les mesures définitives qui seront mises en place n’ont pas encore été décidées. Le plan final est en cours d’élaboration. Une chose est toutefois déjà arrêtée: certaines mesures seront contraignantes. «Elles sont incontournables pour atteindre nos objectifs, relève Roberto Schmidt, même si elles sont souvent critiquées et refusées par le peuple.»

Hausse de la production

Le Valais devra parallèlement augmenter sa production d’énergie renouvelable. La hausse projetée est chiffrée à près de 1400 gigawattheures par année jusqu’en 2035. Si la principale source d’énergie du canton, la production hydroélectrique, sera légèrement augmentée, le Valais misera surtout sur le solaire, avec la pose imaginée d’environ 4 millions de mètres carrés de panneaux.

«Cette vision cantonale ne signifie pas que nous voulons vivre en autarcie, relève Roberto Schmidt. Nous consommerons l’énergie que nous produirons, mais nous continuerons de contribuer activement à l’approvisionnement en électricité renouvelable de la Suisse et de l’Europe. Grâce à ses ressources énergétiques renouvelables, que ce soit l’eau, le soleil ou encore le bois, le Valais peut profiter de cette transition pour devenir le cœur énergétique de la Suisse.»

Le ministre de l’Energie présente également cette transition énergétique comme une impulsion pour l’économie du canton. Le coût des mesures à mettre en place d’ici à 2035 est estimé à 10 milliards de francs, à répartir entre le canton, les communes et les citoyens.